Tailleur: Marciano (similaire), Souliers: Aldo (similaire), BodySuit: Maricano |  Photo: Matt Ayotte 

par Marie-Claude Boisvert, rédactrice en chef

La St-Valentin arrivant à grand pas, accompagnée du froid de février, je me pose la question: avec nos vies des plus occupées et la société de consommation dans laquelle nous vivons, l’amour n’est-il plus qu’un phénomène éphémère cherchant toujours à obtenir la nouvelle tendance de la saison? C’est-à-dire, l’amour de toute une vie existe-t-il toujours, comme le sac à mains Chanel de ma grand-mère qui est toujours à la mode?

Ne vous méprenez pas, nous aimons tous les nouvelles tendances de saison, tel mon nouveau tailleur rouge vif. Les nouveautés, c’est excitant et différent. Notre cerveau adore découvrir de nouvelles choses, il s’excite et libère une dose massive de dopamine qui nous fait sentir « vivants ». La passion, l’excitation, nous cherchons sans cesse à retrouver ces sentiments, mais qu’en est-il d’un amour plus profond? Est-ce maintenant presque de la science-fiction de s’imaginer fidèle à la même personne pendant 30 ans? Est-ce générationnel ou simplement de plus en plus accepté (l’accès à l’information et les rencontre de plus en plus facilité)?

Récemment, un de mes collègues m’a décrit la génération millénial comme étant « a generation of haters that are dying to be loved » (une génération qui se plaignent toujours mais se meurent d’être aimés). Sa remarque m’amena à me questionner. Nous continuons bien à libérer les mêmes hormones qui constituent « l’amour » (principalement de la dopamine), mais qu’en est-il de la nécessité de s’attacher lentement lorsque l’ocytocine est libérée, ce qui est associé à un amour plus profond? (Voir l’article complet ici)

 

Née de 1981 à 1996, la génération millénial est moins porté vers le mariage (encore une fois, venant du Québec, cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas trouver un partenaire stable et avoir une famille sans être marié, mais cette discussion est pour un autre moment). Selon le « Pew Research Center », il est probable que 25% de la génération millénial ne se mariera jamais et ceux se mariant le ferai tard, étant plus âgé. L’âge médian au premier mariage est maintenant de 27 ans pour les femmes (20 ans en 1960) et 29 ans pour les hommes (23 ans en 1960). Oui, oui, je vous entends dire que l’espérance de vie a également augmenté, mais ce que je voulais souligner ici est principalement le changement de notre mode de vie.

 

Il est évident qu’il est bien plus facile d’acheter chaque année un nouveau tailleur agencé au style de la saison que de faire l’effort d’entretenir un classique même s’il dure plus longtemps ; nettoyer à sec. Notre mode de vie a changé, mais qu’en est-il de nos besoins? La définition de mon collègue m’est restée bien en tête. Consommons nous   del’amour de la même façon que nos habitudes de consommation ?

Tout cela me donne envie de trouver un équilibre dans ma garde-robe. Un équilibre entre les nouvelles tendances de la saison, comme ce costume rouge, et les classiques qui resteront à la mode pour longtemps. Investir dans un morceau de qualité qui me durera longtemps est probablement une bonne affaire après tout (ce qui est aussi bien meilleure pour l’environnement; une autre caractéristique des milléniaux).

Que puis-je dire? Je suis un romantique quand il s’agit de ma relation avec mon garde-robe.