par Marie-Claude Boisvert, Éditrice en chef

Dimanche matin 11h32am assise entre Justine et Raphaël, mes œufs bénédictines aux épinards fumant devant moi, j’écoute leur engueulade habituelle sur la grosse soirée d’hier. Ayant passé la nuit dernière dans les bras de mon nouveau copain, ma fréquentation, peu importe, appelons-le simplement ‘’LUI’’, je me sens plus interpelé qu’à l’habitude. De leur côté, Raphael ayant passé la nuit avec une de ses nombreuses conquêtes et Justine étant retournée bien sagement chez elle dans les bras de son amoureux, elle ne cesse de lui crier qu’il est un ‘’ beau salaud’’ pour reprendre ses mots. Qu’il joue avec ces filles même si elles sont clairement au courant qu’il ne recherche rien de sérieux.

-Hellooooo !!! Même si tu n’es pas intéressé plus que cela par quelqu’un, tu t’attaches quand tu TE DONNES.

-TU TE DONNES, TU TE DONNES, On se calme fille, on est en 2017, le sexe ça ne veut plus rien dire…

-TOI, tu en penses quoi Sunshine ? Me demandèrent-ils à l’unisson.

-EEEEEEEE ! Bon matin.

Pourquoi voyons-nous les choses différemment ? J’étais d’accord avec Justine ET avec Raphaël à la fois. Du haut de mes 26 ans, malgré ma foi en l’égalité homme-femme, je devais me rendre à l’évidence, nous sommes différents, du moins biologiquement parlant.

L’appétit sexuel est une chose que nous ressentons tous, un besoin d’ordre primaire mais que se passe-t-il vraiment dans notre corps ? Hommes et femmes, nous sommes programmés à sécréter plusieurs hormones qui nous amènent vers cet appétit sexuel qui nous pousse à nous reproduire, à poursuive L’HUMANITÉ. Certes, tous deux, hommes et femmes sécrétons dopamine (hormone de la passion) et ocytocine (hormone de l’attachement) lors de l’acte (voir notre article sur l’amour)pourtant nous le faisons de façon différente.

L’homme à tendance a relâché beaucoup plus de dopamine, spécialement à l’orgasme lui donnant une sensation de bien-être absolue, créant une sorte d’addiction à cette sensation. La dopamine, accompagné d’un bas niveau de sérotonine, sont responsable d’un comportement obsessif ; hormones que l’on retrouve, justement, souvent chez les personnes atteintes de trouble obsessif compulsif. Cette perception physique si agréable nous amène à en vouloir plus. Les hommes cherchant à la ressentir encore et encore, leur plaisir lors de l’acte provient beaucoup plus de la partie physique. Ceux-ci concentrent davantage leurs énergies sur ce qu’il ressente physiquement afin d’atteindre l’orgasme. C’est d’ailleurs un peu pour cela que les hommes distancent plus leurs émotions du sexe que les femmes. Bien sûr, la partie phycologique est bien présente mais généralement à plus faible dose.

La femme, de son côté, à tendance a relâché beaucoup plus d’ocytocine, lors de l’acte, encore une fois spécialement à l’orgasme. Cette hormone nous amène à nous attacher davantage à l’autre personne.

C’est souvent celle-ci qui amène les femmes à s’attacher à leur partenaire sexuelle. Peu à peu sécrétant de plus en plus d’ocytocine, elles ressentent un attachement envers l’autre personne, voulant plus, cherchant de petites attentions autres que physique. Atteindre l’orgasme pour une femme passe au-delà d’une sensation physique, la tête doit y être. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’une femme doit être en amour pour atteindre le septième ciel, Non ! , mais le corps et l’esprit doivent se trouver aligné afin de se laisser aller complètement.

Bien qu’après l’acte, allongé l’un à côté de l’autre, nous ayons différentes petites hormones se promenant dans nos corps, la région limbique du cerveau se voit activée pour les deux parties; ressentant cette sensation de plénitude et de bonheur. Le sexe c’est bon quoi ! Ce n’est pas pour rien, non plus, que le sexe est si important dans une relation de couple saine. La dopamine et l’ocytocine que les deux partenaires relâchent les amènent à être plus proches l’un de l’autre, à être plus en amour, plus complet.

C’est d’ailleurs de petites hormones qui nous jouent dans le corps qui nous amène à réagir différemment sur l’oreiller. Après un fort orgasme, l’homme ressent l’équivalent d’une dose de deux à trois milligrammes de Valium, le plongeant plus rapidement dans les bras de Morphée. La femme quant à elle peut ressentir l’équivalent de trois fois l’effet de la morphine durant un orgasme, empêchant l’effet de la douleur. Certaines femmes peuvent aussi dégager des endorphines étendues sur l’oreiller révélant quelques larmes après l’acte.

Malgré plusieurs études sur le sujet, les chercheurs ne comprennent toujours pas pourquoi l’on dégage plus d’hormones pour une personne qu’une autre.

Pensive sur le sujet, mes deux amis me regardent droit dans les yeux attendant ma réponse.

-Humm, je ne sais pas trop, on est tous différents, certaines filles pensent comme toi Raphaël, certains gars pensent comme toi Justine. Peut-être que Platon avait raison et que l’on devrait être tous homosexuels recherchant les mêmes choses et réagissant de la même façon au sexe.

Mes deux amis m’examinent comme si j’étais une espèce d’extraterrestre, insatisfait de ne pas m’avoir vu tranché, ils reprirent leur conversation comme si je n’étais pas là.